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12/25/2025

Mā — l’espace d’où tout émerge

4 Commentaires

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Apprivoiser le vide

Nous parlons souvent du vide comme d’un idéal.
Comme d’un espace apaisant, lumineux, presque désirable.

Mais dans l’expérience concrète,
le vide fait rarement cela au départ.

Il inquiète.
Il déstabilise.
Il enlève des repères.


Un agenda vide peut angoisser.
Une soirée sans distraction peut sembler lourde.
Une pièce silencieuse peut réveiller un inconfort diffus.


Et pour beaucoup d’entre nous,
il y a aussi cette peur très primitive :
le noir,
la profondeur,
l’eau sombre dont on ne voit pas le fond.


Je la connais, cette peur.
Même en sachant tout ce que je sais.
Même en sachant, aussi,
que je ne sais rien.

Le vide est un reflet de l’insondable.

Entrer dans la mer quand l’eau est noire,
sentir que le regard ne peut plus sécuriser,
et sentir le corps vouloir rebrousser chemin.


Ce n’est pas un manque d’éveil.
C’est humain.

Pourquoi le vide nous échappe si souvent?

Nous passons la majeure partie de nos vies
hypnotisés par le monde phénoménal.
Par ce qui bouge.
Par ce qui attire l’attention.
Par ce qui rassure parce que c’est visible, mesurable, nommable.


Le silence, lui, ne capte rien.
Il ne divertit pas.
Il ne retient pas.
​

Et pourtant,
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le vide est plein de possibilités
​

une promesse qui ne demande pas encore à être remplie.
Mais cette promesse est sans forme,
sans garantie,
sans repère.

La conscience ouverte — celle qui ne s’agrippe pas --
nous la goûtons parfois,
par éclats.

Quelques secondes.
Parfois moins.

Dans ces instants,
l’espace s’ouvre.
Le temps se dilate.

Comme le dit si simplement Pema Chödrön :

« Nous sommes le ciel.

Tout le reste n’est que le temps. »

Et peut-être que ces moments ne sont pas faits
pour être prolongés à tout prix,
mais pour être reconnus.

Comme des rappels.
Des ouvertures.
Des invitations à revenir.

Mā — reconnaître, encore et encore

Dans l’esthétique japonaise, mā n’est pas présenté comme un état à maintenir.
Il n’y a rien à stabiliser, rien à figer.

Mā est un espace à reconnaître,
encore et encore.

L’intervalle
La pause
Le silence

​

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Jardin de pierres du temple Ryoanji

Non pas quelque chose où l’on s’installe définitivement,
mais quelque chose que l’on approche,
que l’on quitte,
puis que l’on retrouve.

Même dans les jardins zen,
il y a toujours une pierre invisible.
Un point qui échappe au regard,
quel que soit l’endroit où l’on se tient.

Ce n’est pas un échec de la perception.
Ce n’est pas une limite à corriger.

C’est un rappel :
nous ne sommes pas faits pour tout voir,
ni pour tout tenir,
ni pour tout comprendre.

Et dans cet espace de non-saisie,
quelque chose peut enfin respirer.


Le féminin et le noir

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Dans de nombreuses traditions,
​le féminin est associé au noir.
À la nuit.
À l’eau.
Au creux.
Non pas comme négation,
mais comme réceptacle.
Le négatif photographique.
La matrice.
Et il existe, chez beaucoup d’humains,
une peur archaïque de cela.
La peur de l’obscur.
De ce qu’on ne voit pas encore.
De ce qui ne se laisse pas contrôler.
Ce texte ne cherche pas à corriger cette peur.
Il cherche à l’honorer.
Car le féminin ne se conquiert pas.
Il se rencontre.
Il demande du temps, du respect, de l’écoute.

L’hiver : le grand yin

L’hiver est la saison du grand yin.
Non pas un arrêt,
mais un ralentissement profond.

Tout circule plus lentement.
Ce qui est dense, froid, essentiel
prend son temps.

La lumière ne disparaît pas.
Au contraire --
elle gagne chaque jour,
presque imperceptiblement.

Elle revient sans éclat.
Plus basse.
Plus douce.
Plus discrète.

La sève descend,
non pour s’éteindre,
mais pour se rassembler.
La nature ne force rien.
Elle concentre.

Dans un monde qui valorise l’expansion constante,
l’hiver peut être vécu comme une menace.
Comme un manque.
Comme une perte d’élan.

Mais l’hiver est un temps de maturation invisible.
Un temps où quelque chose tombe,
non pas pour disparaître,
mais pour révéler l’essentiel.

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Andrea Hinzer

« Nous avons des saisons où nous prospérons
et des saisons où les feuilles tombent de nous,
révélant nos os nus.
Avec le temps, elles repoussent. »


Katherine May- Wintering: The Power of Rest and Retreat in Difficult Times
​Le repos n’est pas une faiblesse.
Il est une intelligence du vivant.
Le vide n’est pas un échec.
Il est un espace de régénération.
Et pendant que tout semble immobile en surface,
la lumière continue de grandir,
jour après jour,
préparant silencieusement
ce qui viendra.

Mā — l’espace vivant entre les formes

​Mā n’est pas une idée à comprendre.
C’est une expérience à reconnaître,
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Sankai Juku

dans le corps,
dans le souffle,
dans la manière dont le temps se déploie.

​Mā est vivant
parce qu’il ne se fixe pas.
Il apparaît,
disparaît,
revient.

Intelligence de l'espace

Il se loge dans l’intervalle entre deux gestes.
Dans la suspension avant un mouvement.
Dans le silence qui précède la parole --
et parfois dans celui qui la suit.
Dans la culture japonaise,
cette intelligence de l’espace traverse toutes les formes.

Dans l’art et l’architecture,
les zones non occupées sont aussi essentielles que les formes visibles.
Ce qui n’est pas peint, pas bâti, pas dit,
invite le regard, le corps, l’imaginaire
à entrer en relation.

Dans l’architecture,
ce ne sont pas les murs qui définissent un lieu,
mais ce qui circule entre eux :
la lumière, l’air, le silence.

Dans l’ikebana,
l’espace entre les fleurs est aussi important que les fleurs elles-mêmes.
Trop remplir,
et la composition s’effondre.

Dans les jardins zen,
certaines pierres ne peuvent jamais être vues toutes en même temps.
Il y a toujours un angle mort,
un point qui échappe,
quel que soit l’endroit où l’on se tient.

Même dans la calligraphie,
le trait n’existe que parce qu’il est entouré de vide.
Le geste respire
parce qu’il n’occupe pas tout.
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Célèbre sanctuaire d'Itsukushima

​Un symbole simple exprime cela avec force :
le torii,
porte traditionnelle marquant l’entrée des sanctuaires shinto.
Il ne ferme rien.
Il ne contient rien.
Il signale un passage --
un espace intermédiaire
chargé de sens.

​Et dans le butō,
cette danse lente, parfois presque immobile,
le corps ne cherche pas à produire une forme.
Il attend.
Il écoute.
Il laisse le mouvement émerger
depuis un espace profond,
hors du rythme habituel.

Le temps s’étire.
La perception change.
Le système nerveux ralentit.
Ce n’est pas une esthétique.
C’est une expérience de présence.
Ce n’est pas un défaut.
Ce n’est pas un manque.
Ce n’est pas un échec de la perception.
C’est un rappel.
Nous ne sommes pas faits pour tout voir.
Ni pour tout tenir.
Ni pour tout comprendre.
Et dans cet espace de non-saisie,
quelque chose se dépose.
Le corps se régule.
L’attention s’adoucit.
Le bien-être n’apparaît pas parce que l’on fait plus,
mais parce que l’on laisse de la place.

Du vide au geste — revenir à l’écoute

Dans le mouvement authentique,
l’espace avant le mouvement est souvent le plus difficile.
On attend.
On écoute.
Et souvent, rien ne vient.
Ou plutôt :
l’impatience vient.
Le doute vient.
L’envie de faire quelque chose vient.
Attendre sans forcer
n’est pas toujours gracieux.
C’est parfois maladroit.
Parfois inconfortable.
Parfois frustrant.
Et pourtant,
lorsqu’on reste juste un peu plus longtemps,
un geste apparaît.
Pas spectaculaire.
Mais juste.

​Mā
se reconnaît ici
comme une pratique de vulnérabilité.
Non pas une faiblesse,
mais une force d’écoute.
Une ouverture où les croyances, les valeurs, les histoires personnelles
cessent, un instant, de diriger.
L’écoute s’affine.
La sensibilité devient possible.

Si ces lettres — MA — reviennent sans cesse dans mon travail,
ce n’est pas parce que je maîtrise cet espace,
mais parce que j’y reviens.

​Inviter mā — pratiques d’ouverture

Voici quelques pratiques simples pour inviter mā dans le quotidien.
Sans effort.
Sans performance.
Comme des gestes d’écoute,
à expérimenter à ton rythme.
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​Laisser un espace vide
Choisis un moment de la journée volontairement non rempli.
Sans tâche.
Sans écran.
Sans objectif.
Observe ce qui se détend
lorsque rien n’est exigé.

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​Respirer l’intervalle
Inspire.
Expire complètement.
Puis reste une ou deux secondes
sans souffle.
Cet espace est déjà mā.
​

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​Désencombrer avec retenue
Choisis un seul petit espace.
Retire un objet.
Arrête-toi là.
Laisse l’espace
faire son travail.
​

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​Relâcher le besoin de tout voir
Face à une situation incertaine,
répète intérieurement :
je n’ai pas besoin de tout comprendre maintenant.

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​Honorer le yin

En hiver — ou dans les périodes de fatigue --
autorise davantage de lenteur.
Moins d’effort.
Plus de repos.
C’est une sagesse,
pas un retrait.


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Encore.
Et encore.
Revenir à l’origine.
Revenir à l’écoute.
Revenir à cet endroit
où rien n’est encore décidé.
Là, quelque chose devient possible.
Un espace s’ouvre.
Une autre manière d’être au monde
peut commencer à se dessiner.



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4 Commentaires
Paule
1/5/2026 18:20:07


J ai lu et relu ton texte qui nourrit quelque chose en moi.
Le Ma me ramène au haïku et à toute poésie dont l ensemble tient davantage dans les espaces entre les mots, entre les phrases, à ce qui semble vide, blanc, mais rempli de l écho du mot précédent ou de la phrase ou encore à ce vide interplanétaire qui est plein d attractions, répulsions ou trous noirs. Début et fin tout à la fois. Vide et plein. Noir et blanc.Invidible et tangible.
Merci pour cette belle résonance.

Répondre
Nathalie
1/6/2026 10:15:30

Merci Marise pour cette lecture touchante et apaisante.
Je vais méditer sur ces phrases :
"​Le repos n’est pas une faiblesse.
Il est une intelligence du vivant.
Le vide n’est pas un échec.
Il est un espace de régénération."

Répondre
Gérard
1/6/2026 12:36:14

Honorer le yin
En hiver — ou dans les périodes de fatigue --
autorise davantage de lenteur.
Moins d’effort.
Plus de repos.
C’est une sagesse,
pas un retrait.
Merci pour ces textes de réflexions, ci-haut celui qui me parle le plus.

Répondre
Isabelle
1/6/2026 13:31:27

Merci marise très intéressant je vais essayer de mettre cela en pratique à demain matin

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